Mots, et maux, émotions

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22 février 2009

Amnésie

Consigne 60 pour kaléïdoplumes :

Ce que pensait Balzac de l'espoir : "L'espoir est une mémoire qui désire."

A vous d'écrire la suite.
Le texte prendra la forme que vous désirez.
Vous n'avez pas l'obligation de citer Balzac ou de répéter cette phrase.

_____

Dans les couloirs du métro, il marche, indifférent au temps qui file, indifférent aux gens qui courent, qui courent après le temps qui file. Il marche à contre courant, a contre temps, indifférent aux bousculades. Il avance, le regard rivé par terre, sur cette petite partie du sol ou le mènera son prochain pas. Longuement il examine le carrelage, puis, semblant avoir pris une importante décision, glisse son pied et avance d’un pas. Il s’arrête de nouveau et recommence son manège au milieu de la multitude indifférente a sa solitude.

Qui sait depuis combien de temps il avance ainsi ? Lui-même ne le sait pas, il ne se retourne pas pour voir la distance parcourue. Il marche pas après pas, égrenant son temps quand d’autres le courent

Une nouvelle bousculade le dévie de sa trajectoire. Il n’y prend pas garde et glisse à nouveau vers l’avant, carreau après carreau. Une brusque traction dans son dos le fait s’arrêter juste au bord du quai. Il relève la tête, sourd aux cris qu’un homme lui déverse dans l’oreille.

Sur le mur d’en face, au milieu des graffitis tous plus bariolés les uns que les autres, une inscription l’interpelle. Péniblement, lettre après lettre, il déchiffre les mots, retrouvant en son esprit le mécanisme de la lecture. Lentement la compréhension entre en lui.

Il se retourne, et le temps semble s’accélérer brusquement. Il voit les gens qui courent dans tous les sens. Il entend les bruits, bruits du métro qui passe à toute allure, bruits de talons qui claquent en se précipitant, et les cris de fureur, de désespoir, de haine parfois, d’attente beaucoup.

Il regarde partout, s’ouvrant à ce monde qui n’est pas le sien, tentant de retrouver des repères, des sensations, des souvenirs. Mais rien n’y fait, sa mémoire demeure vide, comme effacée.

Un homme tout de bleu vêtu s’approche de lui. Casquette visée sur la tête, regard arrogant, il l’interroge :

« Papiers ! Votre nom ! »

L’homme porte la main à sa poche, en sort un papier a l’entête d’un médecin. Il sait y trouver dessus le mot amnésie. Mais… il arrête son geste, se tourne une dernière fois vers le mur de graffitis, puis se met à parler.

Sa voix est rauque, hésitante, la voix de quelqu’un qui n’a pas parlé depuis longtemps :

« Je..Je suis celui qui n’a plus de désir. Je suis la mémoire morte…Mon nom est espoir..Et l’espoir est mort avec moi. »

Posté par Tylymymy à 11:08 - Kaléïdoplumes - Un petit mot [0] - Permalien [#]
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