04 mars 2006
La grille
C’est un vieux mur délabré, un de ces vieux murs sur lesquels les chats aiment se prélasser au soleil. C’est un vieux mur qui a vécu de nombreuses années et vu défiler beaucoup de saisons. C’est un vieux mur qui a sentit le passage inexorable du temps, lézardant ses pierres, fissurant ses joints. Mais il est toujours debout, entourant un non moins vieux cimetière qui a observé passer des générations de vivants et de morts entre ses tombes. Sur elles aussi le temps a laissé sa marque, des croix sont tombées, rouillées, des pierres tombales sont fendues. Un cimetière à l’abandon….
Pourtant, en ce lieu de repos des morts, la vie peu a peu reprends le dessus. Les herbes folles ont tout envahis, le lierre partout s’est incrusté. Ca et là des touches de couleur apparaissent, rouge des coquelicots, blanc des pâquerettes, jaune des boutons d’or. Il y a même sur une stèle un rosier dont les pétales se sont éparpillés, goutte de sang sur le marbre noir.
A l’entrée, une grille, fer forgé attaqué par la rouille. Seul un des cotés demeure fermé, maintenu par le lierre, l’autre pends arraché de ses gonds par l’usure du temps.
C’est un vieux cimetière, où plus personne ne viens, les vivants y ont oublié les morts, les laissant reposer en paix. Seule la grille est visible de l’extérieur, moitié ouverte, moitié fermée.
Des gouttes commencent à tomber, accrochant la lumière du soleil en une myriade de couleur. Est ce la pluie ou est ce… ?
Seule la grille se voit de l’extérieur…
Une main s’approche, des doigts longs, fuselés, féminins glissent sur le fer, dessinant des arabesques compliquées. La grille semble frémir et bouger.
Soudain l’homme se retourne, nu, un sourire au lèvres, prends la main de la femme et l’entraîne avec lui sous la douche. Pluie bienfaisante qui s’écoule sur leurs corps enlacés.
Ce texte m'a été inspiré par le dessin d'un ami
Merci Damien de m'avoir autorisé a le mettre ici









