26 juin 2007
La lettre (2 et fin)
Ce jour là, Mademoiselle Agnès, après avoir fait ses courses, relève comme à son habitude son courrier. Sa surprise est totale de constater que trône au milieu des réclames colorées et des factures en papier recyclé une enveloppe d’un beau papier crème. Perplexe elle mets le reste de son courrier dans son panier au milieu de ses courses et rentre chez elle, fixant l’enveloppe sans vraiment la voir, la tournant et la retournant entre ses doigts. L’adresse est notée au stylo plume bleue, l’écriture est élégante mais sans fioriture. Au dos, pas d’adresse d’expéditeur, juste une sorte d’étoile dessinée avec la même encre. Enfin, à l’abri du soleil et des regards indiscrets, elle se décide à ouvrir l’enveloppe. A l’intérieur, un simple papier a lettre plié en deux, couvert de la même écriture bleue. Des les premiers mots, sa vue se brouille. Elle pâlit, rougit, puis sentant ses jambes flageoler, se laisse tomber sur la première chaise venue. Ses mains tremblent, agitant la feuille comme une brise d’été.
« Mon amour,
Tout le temps passé loin de toi me rend fou. J’ai besoin de ta présence, de sentir tes lèvres sur les miennes, de respirer ton parfum. Je veux partir à l’aventure de ton corps et te faire découvrir ses trésors cachés. J’ai besoin de ta présence, que les jours succèdent aux nuits, que nous ne formions plus qu’un.
Viens me rejoindre au parc ce lundi. Je t’attendrais sur le banc près de la fontaine. Nous partirons ensemble vers une nouvelle vie. Je quitte tout pour toi, viens, fais de même, rejoins moi.
R »
Le souffle court, les joues comme passées au feu, brûlantes et rouges, les yeux exorbités, elle stoppe la lecture.
« Qui… Qui ?? » Pense t’elle « Qui a pu oser m’écrire de telles insanités ? » Elle oscille entre honte et colère. Les mots lui sautent au visage, s’inscrivant au fer rouge dans ses yeux. Elle suffoque d’indignation. Elle tourne et retourne la lettre entre ses mains, comme les mots qui ne cessent de revenir en son esprit « corps… lèvres… nuit ». Elle revois comme en un cauchemar éveillé la terreur dans les yeux de sa mère, elle crois entendre a nouveau les cris qui perçaient la quiétude de la nuit. Elle se rappelle le sang, sa propre fuite à travers les rues lorsque sa mère est morte sous les coups de son père. Et reviennent d’autres images qu’elle pensait avoir oublié, nettoyé de sa mémoire comme elle astique ses meubles. Ballottée d’oncle en tante, fardeau encombrant dont personne ne voulait, la seule brève période de bonheur fut son passage chez ses grands parents, trop vieux pour prendre la charge d’une petite fille, et hélas trop vite disparus à leur tour. Elle finit par atterrir chez des cousins éloignés et c’est la que ce qui pouvait rester d’enfance, d’innocence, d’heureux en elle fut terni à jamais. Elle se souvient des pas lourds de cet homme lorsqu’il s’approchait de sa chambre. Tout lui revient en mémoire, l’haleine chargée de vin, la langue pâteuse qui s’insinuait entre ses lèvres, la douleur lorsqu’il s’allongeait sur elle et son dégoût quand il la forçait a prendre cette chose dans sa bouche.
Un cri dans la rue la fait sortir de sa transe mnémonique. Le visage crispé dans une grimace de haine, elle déchire la lettre, avec fureur comme si elle lacérait le visage de son cousin, vengeant ainsi la petite fille terrorisée qui est tapie au fond d’elle. Elle craque une allumette, enflamme les morceaux de papier. Son visage, un instant illuminé par la flamme, semble s’apaiser de cette purification.
Un courant d’air, un léger crissement de papier la fait porter les yeux sur l’enveloppe. Et la elle vois enfin l’adresse « Anbemeder ». Le premier moment de stupéfaction passé, elle éclate d’un rire mauvais et froid, tandis qu’au fond d’elle-même naît une petite déception en découvrant que cet amour ne lui était finalement pas adressé.
A 100 kilometres de là, ce lundi après midi, un homme est retrouvé mort d’une balle dans la tête. Il serrait en ses mains un journal sur lequel on pouvait voir les photos du mariage de Mademoiselle Agnès… d’Anbemeder…
25 juin 2007
La lettre (1)
Le printemps est enfin arrivé sur la petite ville d’Amberdeen. Milles et une fleurs ont écloses, transformant les jardins en un enchantement pour les yeux. Les rayons du soleil ont réchauffé les branches faisant naître des milliers de bougeons et de feuilles. Les oiseaux chantent leur joie et leur gaieté. Cet air printanier a raccourcit, coloré les vêtements et inscrit des sourires sur les visages des passants. Les amoureux se promènent main dans la main, les enfants courent, jouent, hurlent leur bonheur. Les maisons se sont mises à l’unisson, et se sont ouvertes à la brise légère.
Seule une maison garde ses fenêtres désespérément closes, les volets a moitiés fermés font barrage a l’ardeur du soleil. C’est une maison très stricte, pas de fleur aux fenêtres, pas de dentelle, ni de couleur aux rideaux. Les volets sont sombres, et le jardin rectiligne est clos par un haut mur.
C’est en cette maison que vit seule Mademoiselle Agnès. Elle est une belle jeune femme, mais d’une beauté froide, les cheveux noirs tendus en un chignon austère, toujours vêtue de noir, depuis le chemisier a haut col jusqu’aux souliers, en passant par la longue jupe cachant de sombres collants. Jamais de maquillage pour colorer ses joues pales ou sa bouche serrée en une moue de dédain. Aucun bijou ne vient souligner la finesse de ses doigts ou embellir la sévérité de sa mise. Elle vit seule, loin du tourbillon de la vie, loin du brouhaha de la ville. Elle ne sort que pour faire ses courses. A pas menus, comptés, elle se rend chez l’épicier, le boulanger ou le pharmacien. Elle avance le regard fixé droit devant elle, l’esprit fermé aux mouvements de la rue, inclinant la tête juste ce qu’il faut pour ne pas paraître impolie lorsqu’elle viens a croiser une connaissance. Ses paroles sont brèves, jamais elle ne s’attarde à bavarder, jamais un sourire ne vient effleurer ses lèvres. Ses courses faites, elle retourne chez elle, toujours selon le mme chemin, sans faire le moindre détour.
L’intérieur de sa maison lui ressemble, sévère et austère. Des meubles ternes, vierges de poussière, pas de bibelot ni de tableaux aux murs, juste une vieille photographie en noir et blanc représentant un couple âgé avec une enfant aux cheveux sombres.
Elle passe ses journées à nettoyer des meubles qui n’en n’ont nul besoin, rouspétant lorsque la vie du dehors, par un chant, un cri d’enfant, fait irruption dans son monde immaculé. Elle ferme sa maison et se ferme au monde ne voulant ni le voir, ni l’entendre.
Seule exception avec ses courses est sa visite journalière à sa boite aux lettres. Cette dernière ne contient en général que des publicités aux couleurs vives qu’elle s’empresse de jeter et des factures qu’elle n’omet jamais de payer.
22 juin 2007
De retour
Bonjour, coucou, hello,
Hé oui je reviens, doucement, mais j'espere surement, et tres heureuse de constater que cette petite partie de moi vis toujours grace a vous.
Alors tout d'abord un grand merci pour vos visites regulieres, pour vos commentaires.
Ensuite je ne reviens pas les mains vides, je vais commencer par une petite nouvelle intitulée "la lettre", en ligne tres rapidement. Je vais surtout essayé de poster plus regulierement.
Encore merci a tous
21 novembre 2006
Lapin rose
Je sors de ma léthargie pour vous parler du blog d'un ami : Lapin rose. Il est génial et dessine tres bien, allez le voir, laissez lui un petit commentaire cela lui fera plaisir, et si vous aimez faites lui de la pub sur vos blogs, il le vaut bien.
03 novembre 2006
02 novembre 2006
Marmotte
Manque de temps, manque d'envie,manque d'inspiration, manque de sommeil
Je vais laisser mon blog s'endormir un peu, je reviendrais bientot
08 octobre 2006
Paroles plurielles consigne n°31
Sur cette photo écrire un texte à couleur surréalistes commencant par : Au matin le verre était vide
Ivresse
Au matin, le verre était vide.
Et envolée l’ivresse volée à cette nuit désenchantée, ce temps ou j’ai tendu la main vers l‘espoir, effleurée du bout des doigts ses plumes soyeuses. Il s’est enfui, parti à tire d’aile vers l’immensité bleue.
Je lui tourne le dos. Je suis en route vers l’amer. La mer tue me disait ma mère, l’amer aussi d’ailleurs. Plus sûrement si ce n’est plus rapidement.
Le désespoir noyé dans un océan de rancœur me fera sombrer aussi facilement que la dune sableuse attaquée par les flots.
Tomber dans la sombre solitude…
Sombrer dans la tombe des incertitudes…
Au matin le verre était vide et mon destin était ailleurs, au fond de ce puits ou je puiserai les forces pour remonter à l’air libre.
Revoir la lumière…
Au matin le verre était vide et ce soir à nouveau emplit pour une autre nuit d’ivresse…
04 octobre 2006
Paroles plurielles consigne n°30
Sur une peinture de Guillemard, ecrire un texte court commençant par : Je ne l'aime pas, mais tant pis.
Contredanse pour contrebasse
Je ne l’aime pas mais tant pi. De toute façon, qu’y puis-je ? Il m’a choisit, sans me demander mon avis. Il m’a obligé à le suivre dans cet endroit répugnant ou il joue sa symphonie siphonnée, martelant mes cordes, ne leur laissant aucun répit.
Il a eu beau mettre son beau costume noir, il ne sera jamais Ray Brown. Ha lui je l’aimais ! Il pinçait mes cordes avec délicatesse, il me faisait vibrer en finesse. Pour lui, je donnais le meilleur de moi-même. Le pizzicato sous ses doigts devenait magique, et lorsque Ella se mettait à chanter, ma voix s’accordait à la sienne, et ensemble nous voyagions au rythme du jazz.
Ha ! C’était le bon temps ! J’aurais préféré rester à l’arrière boutique de ce magasin de musique, à prendre la poussière sur mes rondeurs généreuses, à rêver mes souvenirs de gloire, plutôt que de subir l’étrange concert de ce dérangé. Ouch ! Mais c’est qu’il vas finir par me casser une corde s’il continue ainsi…
27 septembre 2006
une FAF formidable
"Mplr, on attend le bouquet final sous forme de mosaïque avant 22h... heure à laquelle on va faire péter le compteur.
Tous les membres sont invitées à suivre le mouvement !"
16 septembre 2006
Paroles plurielles consigne n°29
Ecrire un texte erotique court, dans lequel tout est suggéré par métaphores ou périphrases
Ode parfumée
Elle,
Parfum envoûtant et voluptueux,
Aux saveurs orientales
Le jasmin, la rose
Et la sensualité de l’ambre.
Lui,
Tout en fraîcheur,
Et odeurs marines,
Un parfum iodé
Rappelant la fureur des tempêtes.
Eux
Par petites touches délicates,
Les senteurs se frôlent,
Se recherchent.
Elles se goûtent
Du bout des lèvres,
Du bout du nez.
Elles s’enhardissent,
Se déroulent,
S’enroulent
L’une autour de l’autre.
Liane de senteurs
Bouquet de parfums.
Elles se mêlent,
S’emmêlent,
Se confondent,
Ne font plus qu’une.
Vague de plaisir
Eclatant en milliers d’odeur.
Odeur du soleil d’été,
Du sable chaud, épicé.
Odeur des vagues,
Se jetant sur la falaise.
Odeur du vent,
Porteur de toutes les folies.
Odeur de la terre,
Et de sa fertilité.









