30 juillet 2006
BG pour UO
Voici l'histoire d'une autre Myriel, enfin juste une partie de son histoire. Je devais la jouer avec des amis belges sur Ultima Online, mais un probleme de pc m'en a empeché.
« La tempête avait éclaté brusquement. Le ciel, jusque là d ’un bleu azur, s’était assombri d’un coup. D’épais nuages noirs l’avaient obscurci, bouchant l’horizon. Le vent s’était levé, faisant claquer les voiles. La mer était démontée. Les vagues, tel un troupeau de chevaux couverts d’écume, montaient à l’assaut de l’embarcation.
Le bateau était malmené par les flots en furie, ballotté par les creux dans l’océan. A bord, les hommes d’équipage courraient sur le pont, réduisant la voilure. Le capitaine hurlait des ordres, tentant de couvrir le bruit grondant du vent de sa voix de stentor.
Dans la cabine des passagers, une femme essayait de calmer les deux fillettes qui pleuraient, effrayées par tout ce bruit. Son époux était monté sur le pont pour obtenir des nouvelles et proposer son aide aux hommes du navire. Chaque craquement du bois, plus lugubres les uns que les autres, apportait de nouveaux pleurs de la part des enfants. La femme faisait face courageusement, ne laissant pas percer son inquiétude, seule une lueur de frayeur éclairait par moment son regard vert d’eau.
Un craquement se fit entendre, plus sonore et plus sinistre que les précédents. Des cris... Des bruits de pas dans la coursive... La porte s’ouvrit avec violence sous la poussée d’un marin :
- Sortez vite !!! ..; Nous avons une voie d’eau !!!
La femme attrapa chacune des fillettes par la main et se précipita sur le pont. Dehors, elle fut accueillit par la fureur du vent. Une bourrasque arracha le châle qu’elle portait sur la tète, révélant une longue chevelure d’un noir de jais ou perçaient de fines oreilles pointues. Elle scrutait l’équipage, à la recherche de son époux, à la recherche d’un marin pouvant lui apporter de l’aide. Mais tout était que fureur, précipitation et désorganisation....
Elle enveloppa ses enfants dans sa cape, les mettant à l’abris de la fureur des éléments et leur recommandant de ne pas bouger. Elle partis en direction de l’arrière du navire, luttant contre le vent et le roulis qui la déstabilisait. Elle pensait y trouver le capitaine, cet homme un peu frustre auquel ils avaient payé leur voyage a prix d’or. Elle parvins avec difficulté au gaillard arrière, se tenant fermement à la rambarde pour ne pas tomber. Avec stupeur, elle constata que personne ne tenait le gouvernail. La corde sensée obliger le bateau a maintenir le cap était défaite, la roue tournait dans tout les sens , rendue folle par la tempête. Le navire était sans gouvernail, sans pilote, livré à lui-même et à la furie des éléments.
Un hurlement perçant la fit se retourner, juste à temps pour voir un marin attraper le paquet que formaient ses filles emmitouflées dans sa cape et les porter jusqu’à un canot de sauvetage. Elle hurla, siffla comme une chatte en furie, criant au marin de laisser ses filles, et se mit à courir. Une brusque embardée du navire la surpris et elle se retrouva affalée de tout son long contre le pont. Quelque peu assommée, le front en sang, elle se releva avec difficulté. Ses cheveux, poisseux, trempés par la pluie battante, lui collaient au visage. Un rideau d’eau et de sang obscurcissait sa vue. Elle avançait péniblement vers l’endroit ou elle avait vu l’homme embarquer ses enfants, se guidant plus à l’oreille, percevant les pleurs des fillettes.
Elle ne vit pas la vague arriver... L’eau salée l’environnait... pénétrant par sa bouche dans ses poumons... de l’eau partout autour d’elle... tourbillonnante... la ballottant... Elle perdit conscience dans cet univers mouillé, le bras tendu vers le ciel comme pour tenter de se raccrocher à une unique pensée : ses filles... »
La femme se réveilla brusquement, inspirant l’air froid de la nuit a plein poumons.
- Ce n'était qu’un rêve... un de plus... Ho Lisaelle mes filles les retrouverais je un jour ? Mes petites Elen et Isil sont elles en vie ?
L’elfe frissonna. Elle rassembla du bois mort et fit un feu pour se réchauffer. La nuit était très froide et il lui semblait ressentir encore autour d’elle le linceul glacé des profondeurs océaniques.
La flambée prit très vite et les flammes s’élevèrent vers le ciel étoilé. Elle se tenait debout, fine silhouette se découpant dans la clarté du feu. Elle leva les yeux, scrutant le ciel, cherchant dans les étoiles une réponse. Sa voix s’éleva alors, claire et haute, sans que vraiment elle en eu conscience. Elle entonna un chant, une prière en mémoire de ces êtres si chers à son coeur et qui avaient disparu depuis des années.
deux petites filles, deux enfants
soleils de ma vie, lumieres de mon coeur
un epoux tendre et aimant
l'ocean m'a oté ces sources de bonheur
ai! aica umbar helas cruel destin
Yéni avanier les longues années ont passé
Andumë pella au dela de l'ouest
ëar-celumessen pella au dela des flots de la mer
les années ont passé sur mon malheur
avec eux s'en est allée ma joie
je ne connais plus de ce monde la douceur
je ne suis plus que chagrin au fond de moi
ai ! aica umbar helas cruel destin
fanë cirya falmalinnar blanc navire sur les vagues ecumantes
oantë tenna fanyarë parti aussi loin que les cieux
arwa, ringa sumaryassë, Myrielhini avec, en son sein froid, les enfants de Myriel
Man hlaruva ravëa indonya Qui entendra mon coeur rugir
terhantë, saccantë ? brisé, dechiré ?
Man hiruva harmanya ? qui trouvera mes tresors ?
utulie'n aurë Le jour est venu
ho hir alassënya de trouver mon bonheur
a vala Lisaelle que Lisaelle l'ordonne
Sa voix s’éteint dans un dernier murmure, sur le prénom de ses filles. Et elle se laissa tomber à genoux. Elle resta là longtemps, agenouillée devant le feu qui peu à peu s’éteignait, laissant ses pensées, ses souvenirs vagabonder vers les années de bonheur. Une larme, unique perle de cristal, roula doucement sur sa joue. Elle ne l’essuya pas. Laissant ce symbole de son amour glisser vers le sol, vers la mère nourricière.
Un long frisson parcouru brusquement son corps. Elle se tint aux aguets, seule une certaine raideur dans les épaules pouvait en apporter la preuve. Des yeux l’observaient... Pas une, mais deux personnes l’épiaient. Elle le ressentait dans tout son corps, avec tout ses instinct d’elfe. Doucement, masquant ses gestes par l’ombre du feu mourant, elle tendit la main vers son arc. Le craquement d’une brindille sur sa gauche la fit se retourner, l’arc bandé... une flèche prête à être décochée...
- Qui vas là ? Montrez vous !!! "
27 juillet 2006
Couleur de ciel
Juste envie, comme ca en passant :
15 juillet 2006
Paroles plurielles consigne n°27
La consigne : un texte a trous, avec la liberté totale de remplir les espaces
Après quelques minutes de marche, il…………………..........sur………………………...........qui menait à………………......., poursuivi …………………………………………. tête.
Il…………………………et……………………entre ses doigts, car……………………………...............terre entière………………………….
Puis il reprit…………………........en essayant…………………………
En réalité………………………............bord de mer……………..…………………………………………...........déprimer.
Il …………………………….....chemin et…………………………
5eme dimension
Apres quelques minutes de marche, il s’arrêta.
Indifférent a tout ce qui l’entourait, il fit un tour sur lui-même, refaisant mentalement le chemin qui menait à sa propre folie. Son regard tomba sur ses traces de pas, qui à cet endroit précis rejoignaient ses empreintes laissées la veille. Il fut repris par cette sensation étrange d’être épié, manipulé, poursuivi par lui-même, à la fois chasseur et gibier dans une aberrante histoire sans queue ni tête.
Il leva les yeux au ciel et, comme la veille et les jours précédents à la même heure, il constata que la neige tombait en tourbillonnant. Il tendit la main pour tenter de la retenir entre ses doigts, car son esprit n’arrivait pas à admettre l’absurdité de ce banc coton recouvrant cette île paradisiaque. La terre entière semblait devenue folle et lui ne savait ou se situer dans cette folie.
Puis il reprit sa route, mais a reculons, en essayant de remettre ses pas dans ses empreintes. Il voulait revenir au point de départ, à l’instant ou tout avait basculé dans son esprit. Il pensait en avoir pour des heures. En réalité, cela ne lui pris que quelques instants. L’île était petite, très petite, et le temps paraissait lui aussi avoir rétrécit. La nuit allait bientôt tomber sur ce bord de mer. Il le savait, un noir sombre, sans étoile, sans lune, une noirceur qui lui faisait peur et le faisait déprimer.
Il pouvait sentir cette frayeur faire en lui son chemin et il tentait de la combattre de toutes ses forces. Ses cinq sens lui disaient qu’il était fou, son esprit refusait d’admettre cette folie. Brusquement le jour disparu, dans ce noir d’encre il poussa un hurlement….
« Il est temps de la ranger, dis une voix. Tu rejoueras avec la boule de verre demain »
11 juillet 2006
10 juillet 2006
Etrange destin (8 et fin)
Ils continuèrent leurs découvertes, passant devant les dortoirs ou reposaient des enfants de tout age, et arrivèrent au niveau des salles de classe. La des etres mécaniques répétaient inlassablement a ces jeunes copies d’adultes les lois de la cité. Les mots ânonnés par les enfants firent échos dans la mémoire des hommes accompagnant mon grand-père. Les phrases revenaient sur leurs lèvres sans qu’ils s’en rendre compte. L’un d’entre eux, voyant le regard de ses compagnons se perdre, prendre cette fixité si étrange qu’ils avaient vu dans les yeux des enfants, se mit a hurler pour les sortir de cet étrange enchantement. Ils clignèrent des yeux a ses cris, secouèrent la tête et entrèrent dans une rage folle.
Toute la stupidité du conditionnement qu’ils avaient subis leur était brusquement apparu, et ils ne purent supporter de ne pas avoir été maître de leur destinés. Sans tenir compte des injonctions au calme de mon grand-père, ils se mirent a tout détruire systématiquement, secouant les enfant pour les sortir de leur rêves éveillés, malmenant les robots. Ils revinrent dans la salle de contrôle et brisèrent les écrans, arrachèrent les fils. L’alarme qui les avait accompagné jusque là se mit a hurler avec une telle intensité qu’il durent se couvrir les oreilles, puis sur une dernière note plus aigu que les autres elle s’éteignit.
Le silence les ramena a la raison, ainsi que les lumières qui se mirent a faiblir. La peur étreignit leurs cœurs, la peur du changement, la peur de la liberté. Leurs regards convergèrent vers mon grand-père qui avait rassemblé autour de lui les enfants terrifiés par cette fureur.
Sa voix s’éleva alors, calmement, détachant ses mots afin qu’ils pénètrent leurs esprits. Il leur raconta l’extérieur, apaisant leur peur. Les enfants le regardaient, croyant ce qu’il disait comme ils avaient cru les robots.
Il sentit la chaleur d’une petite main se glisser dans la sienne, et une voix fragile et ténue prononça ces simples mots : « emmènes-nous… ».
Il serra la main de l’enfant, hocha la tête et pris le chemin du retour, le chemin de la porte. Il sentait que les adultes hésitaient, craignant pour leur vie, la croyance de la mort sauvage et horrible étant si fortement implantée en eux. Mais mon grand-père ne pensait qu’aux enfants, il voulait les guider vers la liberté, vers la vie. Et surtout, il savait que la destruction des machines ne pouvait qu’entraîner la mort de la cité.
Il partit alors, entraînant a sa suite la troupe nombreuse des enfants, laissant les adultes a leur crainte et leurs hésitations. Certains décidèrent de le suivre mais il furent peu nombreux, les images de mort et de souffrance pesaient trop lourd dans la balance. »
La conteuse se tut et posa son regard empreint de douceur sur Helena et Jalvys. Puis doucement elle repris :
« Ma mère m’a souvent raconté leur descente le long de ces couloirs sans fin. Car, voyez vous, elle est l’enfant qui mit sa main dans celle de mon grand-père. Elle m’a conté le silence oppressant des corridors, leur noirceur et leur désolation que seul le bruit de leur pas rompait. Elle m’a dit la frayeur devant la porte et surtout leur émerveillement devant le monde qui s’offrait a eux.
Mon grand-père bloqua la porte pour permettre a tous ceux qui le désireraient de pouvoir sortir. Certains adultes firent alors demi-tourr, ils repartirent dans la cité, porteurs de l’heureuse nouvelle. Peu les crurent, peu choisirent la liberté… Nous sûmes plus tard que, faute d’administration, la population de la ville dépérit rapidement ; la faim, la folie s’emparèrent des habitants… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle plus jamais nous ne tentâmes d’entrer en contact avec les villes de verre, préférant guetter et accueillir les bannis comme vous… ».
Le soir était tombé. Du haut de la colline Helena et Jalvys regardaient la lune se lever et ses rayons se refléter sur le dôme de verre qui avait été leur vie. Leurs mains se joignirent.
« C’est étrange, murmura t’elle, le jour parais ici plus court que la bas… ».
« C’est exact. »
La voix de Salvyra les fit se retourner.
« Les robots, en plus de tout le reste, gardent un contrôle constant du temps. Lorsqu’une journée est passée en ville, deux jours se sont écoulés dans le monde extérieur. Nous n’avons jamais compris la raison de cet allongement temporel… ».
Helena reporta son regard sur la cité au loin. Elle se sentait a la fois heureuse et triste. Heureuse d’être enfin libre, heureuse d’avoir retrouvé son amour, heureuse de cette paix qu’elle ressentait, mais si triste pour ses compatriotes qui jamais ne sauraient, et triste à la pensée de devoir quitter tout cela prochainement.
Comme pour conforter cette pensée, quelque chose bougea au fond d’elle, un mouvement d’abord à peine perceptible, puis plus fort qui la fit porter la main à son ventre. A l’idée de sa mort prochaine, une larme roula sur sa joue.
Inconsciemment, elle exprima ses pensées a voix haute.
« Hélas… la mort est en moi, qui chaque jour me dévore un peu plus… ».
Ses paroles étonnèrent Salvyra qui leva les yeux vers elle, surprenant dans le même moment le geste de la jeune femme contre son ventre. Elle compris et sa voix douce et chaleureuse prit le relais de son regard.
« Non mon amie.. Ce n’est pas la mort qui grandis en toi, c’est la vie. Un enfant né de votre amour verra bientôt le jour, une vie nouvelle, un esprit libre, conçu comme devraient l’être tout les enfants, par l’union de deux corps, dans l’amour et la joie. »
L’étonnement se lit sur le visage d’Héléna, puis vint la compréhension. Son geste se fit protecteur et tendre. Jalvys entoura ses épaules de son bras, et ensemble ils regardèrent vers l’avenir, vers cette vie emplie de couleur qui les attendait.
08 juillet 2006
Vous avez dis coupe ?
"-On est en finale ! on est en finale !
- Mouai... en finale... Ca se vois que c'est pas eux qui vont encore se faire massacrer. Est ce que j'ai demandé a être la moi ? Non ! On m'a obligé ! Et on me balance d'un bout a l'autre du terrain, on me tape dessus, on m'écrase. A la fin c'est toujours les mêmes qui ont les lauriers, et moi on m'abandonne, couvert de bleus, de bosses, avec parfois des félures... aplati, crevé....Personne ne pense a moi, on me rebalance dans un sac avec mes autres compagnons d'infortune pendant qu'ils vont faire la fête !
Tiens... et si je faisais grève sur ce coup là ? Je vais me faire porter pale. Ils n'ont qu'a se débrouiller sans moi pour leur finale et on verra si ils pourront la gagner. Trop drôle, plus de ballon, pas de but, pas de victoire, et là, c'est moi qui gagne ! C'est décidé, je file dans le sud de la France, je vais me faire dorer au soleil, jouer au beach volley et draguer les balles de hand, de tennis, de golf, et même de ping pong."
"FLASH SPÉCIAL
La coupe du Monde n'aura pas lieu, faute de ballons. Il semblerait d'après nos envoyés spéciaux qu'un mot d'ordre soit passé et que les ballons aient tous disparu. Des millions de supporters sont sous le choc."
06 juillet 2006
Oiseaux
05 juillet 2006
Etrange destin (7)
Elle sortit, suivi d’une Helena médusée et d’un Jalvys souriant. Son arrivée dans la clairière fut accueillit par des cris de joies. Des enfants et quelques adultes les rejoignirent. Elle stoppa d’un geste les questions des adultes et s’assit tout simplement au milieu de la clairière sur l’herbe douce, elle pris un enfant, bien petit selon Helena contre elle et fit signe à tous ceux qui le voulaient de s’asseoir près d’elle.
« Je vais vous conter l’histoire de ce monde, l’histoire de notre peuple, l’histoire de ces villes sous verre… Tout cela se passe il y a bien longtemps… Lorsque les hommes sont arrivés sur cette planète. A l’époque la science était primordiale pour eux. Ils ne vivaient que pour et par elle. Leurs enfants naissaient dans des sortes de lits de verre, sans le recours aux parents, ils avaient des navettes spatiales, c’étaient des sortes de gros véhicules qui pouvaient voyager entre les planètes. C’est ainsi qu’ils sont venus ici. L’air n’était pas respirable pour eux, ils ont donc construit ces villes que nous connaissons tous, ces villes sous les bulles de verre. A l’intérieur, la vie s’est instaurée, d’abord tranquillement. Des hommes et des femmes qui se dévouaient à leurs recherches scientifiques. La ville était gérée par des machines, des choses qu’ils appelaient robots. Ces robots s’occupaient de toute l’administration des cités, de l’apport de nourriture, du confort des habitants, de l’économie… Puis sont venus les temps de l’oublis… Les communications avec la planète-mère ont été brusquement rompues, sans que nul ne sache pourquoi. Mais les citadins avaient bien d’autre préoccupations en tête que de s’inquiéter de cela. Ils ont continué leur vie, continué leurs recherches… Des enfants venaient les rejoindre, ils les formaient à leurs travaux… et la vie continua ainsi durant des décennies.
Sans qu’ils s’en rendent compte les robots avaient pris le contrôle de leur vie, ces etres sans âmes, sans émotion. Tout ce que ces machines savaient faire c’était gérer le quotidien, administrer la ville. Donc peu à peu sont apparues les lois éliminant les émotions, les sentiments. Même le simple fait de rire était devenu interdit car la joie n’était pas comprise par les machines. Ils ne savaient comment la prendre, ni ce qu’elle pouvait signifier.
Au début certains se sont rebellés contre cette façon de vivre, ils ont tenté de fuir les cités, mais le programme d’ensemencement de la planète n’était pas fini. Beaucoup sont morts dans d’atroces souffrances… Un petit groupe cependant a réussit à survivre, en prenant du matériel pour respirer à la surface et en créant le village souterrain ou nous vivons. Loin de tous et surtout loin de ce qui était devenue l’Administration, notre peuple a prospéré durant des centaines d’années, voyant la planète devenir viable au fil du temps, se couvrir d’arbres, de fleurs, de rivières.. Et donc nous avons commencé à revivre en surface, dans des villages cachés par la verdure.
Nous avions gardé dans nos mémoires ces hommes et ces femmes enfermés dans les cités de verre. Nous avons tenté de les prévenir que la planète était à présent prête à les accueillir, mais l’Administration de robots avait déjà fait tant de mal. Dans toutes les villes, il ne restait qu’une porte qui débouchait sur l’extérieur, et elle ne pouvait être ouverte que par les machines. Les appareils de surveillance, les caméras, ne retransmettaient plus les images du dehors. Elles ne se préoccupaient plus que de l’intérieur des villes, et de la population y habitant. Nous avons tenté d’entrer, de nous faire connaître, d’expliquer que le monde était désormais vivable, mais rien à faire, les robots-administrateurs refusèrent toujours de nous laisser parler à la population. Ils nous considéraient comme des etres nuisibles, des parasites qu’ils devaient à tout prix empêcher de contaminer leur population.
Un jour pourtant, à force de ténacité et de ruse, nous avons réussit. Nous sommes entrés dans une ville là-bas a l’Ouest. Enfin l’un d’entre nous a réussit, il s’agissait de mon grand-père. Il a profité que la porte s’ouvrait pour laisser le passage a un banni pour se glisser à l’intérieur. Il n’était pas fiché dans les banques de données de l’Administration, aucun signal ne partait de son corps, ils ne pouvaient donc le suivre… Et il en profita…
Il ne se déplaçait que de nuit, allant d’un quartier a l’autre, parlant aux habitants, leur disant les mensonges que les robots entretenaient. Certains le crurent, d’autres non… Il put réunir autour de lui une petite confrérie, des gens qui ne comprenaient pas les villes dans lesquelles ils vivaient. Avec eux, il parvins a pénétrer au cœur du système de l’administration, bravant les défenses et faisant fi des signaux d’alarmes que leur intrusion avait déclenché. Malgré les affirmations de mon grand-père, ils eurent du mal a croire ce qu’ils voyaient. Nul etres humains dans le sein des seins, mais des machines, une quantité infinie de machines qui géraient tout. Au murs des écrans relayant les images que captaient les cameras, sur les tables, des écrans plus petits analysaient des données venues de tout les coins de la cité, rien n’était laissé au hasard, rien ne leur échappait. En continuant leur fouille systématique des sous-sols de l’Administration, ils tombèrent sur des laboratoires. Alignés dans d’immenses pièces, des berceaux de verre, une multitude, dans lesquels grandissaient des enfants, nulle intervention humaine dans ces naissances, nul acte d’amour, seulement la science, la technique et la froideur des robots naisseurs. Ceux-ci continuaient leur travail malgré l’intrusion, imperturbables a ce qui n’était pas la tache pour laquelle ils avaient été programmés.
Stupéfait, les rebelles, qui n’avaient jamais vu de bébés, continuèrent leurs inspection des sous-sols, passant par les nurseries d’ou nul bruit ne s’élevait. Mon grand-père nous raconté son étonnement de voir ses bébés si calmes et si silencieux, pas de pleur, pas de rire. Quand ils ne dormaient pas il restaient le regard fixé sur le plafond, immenses yeux calmes, trop calmes. La moindre tentative de vagissement était stoppé net par les nurses mécaniques, inculquant des la petite enfance l’absence d’émotion de rigueur dans la cité.
03 juillet 2006
Etrange destin (6)
Ils traversèrent des couloirs déserts, descendirent des escaliers, semblant se perdre dans les profondeurs de la citée. Helena se demandait ou ils pouvaient l’emmener. Nul garde si ce n’est celui qui l’accompagnait, nulle porte, juste de longs corridors sans fin et des marches qui toujours plus bas les entraînaient. Plus ils s’enfonçaient dans le labyrinthe sous le tribunal administratif, plus les murs devenaient gris, puis noirs. Seule une lumière ténue leur permettait de continuer sans se cogner les uns aux autres.
Enfin… Une porte se présenta devant eux. Ils s’arrêtèrent. Le juge qui tout le long de cette pénible descente les avait précédé se tourna vers Helena.
« Vous pouvez encore renoncer. Vous pouvez toujours choisir la vie dans la citée. Pensez-y sérieusement… »
La prisonnière fit un signe de dénégation, et sereinement avança vers la porte, cherchant une poignée, un bouton, le moyen de l’ouvrir, mais celle ci s’ouvrit d’elle-même a son approche. Elle fit un pas, franchissant le seuil. Doucement, sans bruit la porte coulissa derrière elle et se referma. Elle était seule, dans un long corridor. Elle avança, des lumières s’allumant à son approche et s’éteignant des qu’elle était passée. Elle avançait, d’un pas tranquille, sans hésitation, persuadée que la fin de son calvaire approchait. Derrière elle, des portes se refermaient dans un souffle, mais elle n’y prenait pas garde, elle avançait…
Le couloir prenait fin. Une nouvelle porte se dressait devant elle, immense, décorée d’étranges sculptures. Helena se retourna pour voir le chemin parcouru, mais ne vit que le noir. Elle posa la main sur l’une des gravures et dans un bruit grinçant les battants de la porte s’ouvrirent. La jeune femme ferma les yeux et laissa ses pieds franchir le seuil.
Elle fit quelques pas a l’extérieur, les paupières serrées, attendant le souffle glacé de la mort. Un air frais l’accueillit, caressant ses joues, une odeur douce et sucrée lui pénétra dans les narines. Surprise, elle ouvrit les yeux et poussa un cri. Autour d’elle tout n’était que couleur a perte de vue, des verts tendres, des verts sombres, des verts éclatants. Sous ses pieds une herbe qui paraissait si douce que l’envie lui prenait d’ôter ses chaussures. Elle était parsemée de petites taches de couleur, jaunes, blanches, rouges qui semblaient vivantes sous le vent. Le ciel était d’un bleu éclatant, comme jamais elle n’en avait vu jusque là, et accrochés sur la voûte, elle voyait deux boules jaunes, aveuglantes.
Etonnée, persuadée de rêver, elle se retourna. La porte était bien là, mais elle avait perdu de sa splendeur, sa couleur noir brillante de l’autre coté n’était ici que grisaille et poussière. Le mur qui partait de chaque coté était envahi par ce qui semblait être de la végétation. Des branches montaient à l’assault de la construction, tentant de la noyer sous les feuilles. Helena recula afin d’essayer d’appréhender la totalité de la construction. Lentement elle reculait, ses pieds glissant sur l’herbe douce mais le mur lui barrait l’horizon. Elle reculait toujours lorsqu’un rire vint frapper ses oreilles. Ce rire… elle le connaissait, elle l’avait déjà entendu dans des moments intenses il n’y a pas si longtemps. Son cœur s’arrêta dans sa poitrine…
Lentement elle se retourna, gardant les yeux fermés, persuadée que ses oreilles lui jouaient un tour. Elle sourit en sentant la caresse sur sa joue, nulle main ne pouvait imiter cette tendresse. Elle ouvrit les yeux, le regard embué de larmes. Il était là, bien vivant. Sans un mot il lui prit la main et la guida vers l’intérieur de la foret. Elle se laissa entraîner. Il la mena au travers des bois, prenant de tout petits sentiers, à peine visibles. Il la conduisait d’une main ferme, semblant savoir ou il allait, sans hésitation.
Ils arrivèrent à une clairière, des tentes multicolores y étaient montées, des personnes allaient et venaient sans faire attention a eux, si ce n’est pour leur adresser un sourire en guise de bienvenue. Une femme passa près d’eux, portant dans ses bras le plus petit être qu’Helena est jamais vu, il ressemblait en tout point a un enfant, mais était minuscule et ne semblait même pas être capable de tenir sur ses jambes. Elle n’eut pas le temps de s’étonner, déjà son compagnon l’entraînait plus loin. Il la fit entrer dans une tente dont la toile était d’un rouge magnifique. Là une femme les accueillit d’un immense sourire.
« Enfin vous voilà ! »
Helena la regarda d’un air surpris.
« Vous nous attendiez ? »
« Bien sur, cela fait des jours que Jalvys se rends à la lisière de la foret pour vous attendre. Maintenant que vous etes là, nous allons pouvoir rentrer au village. Mais avant je pense que vous désirez obtenir des réponses. »
Helena regarda la femme, puis Jalvys. Elle ouvrit la bouche puis se ravisa.
« Demandes tout ce que tu veux mon cœur, ici nul ne te reprocheras tes questions, Salvyra y répondra »
« Vous dites des jours, mais il s’est passé tout au plus deux jours depuis que je t’ai vu dans la voiture de patrouille. Et… ces images que l’ont m’a montré ? Cette mort horrible ? Et ces paysages ? Et vous ? D’où venez-vous ? .. Et.. »
La femme au regard bienveillant éclata de rire, ce qui laissa Helena pantoise, presque effrayée. Elle tourna la tête vers l’entrée de la tente, persuadée que les gardes allaient arriver. La femme la calma d’un geste.
« Vous ne craigniez rien ici. Les gardes ne vous atteindront pas. Nous sommes ici libres, libres de nous exprimer, libres d’exprimer nos sentiments, libres de tout. Venez, suivez-moi, je vais vous conter notre histoire. »
01 juillet 2006
Etrange destin (5)
Les murmures dans la salle du tribunal lui firent lever le regard. A nouveau elle sentit ses joues se couvrir de cette pluie qui lui venait des yeux… elle ne pouvait plus les retenir, ne comprenait pas pourquoi elle ressentait ce besoin mais laissait les larmes couler doucement, sans bruit. Une femme en face d’elle poussa du coude son voisin et des chuchotements s’élevèrent. Le juge surpris par ce bruit regarda Helena..
« Qu’avez vous ? »
Helena essuya doucement ses joues et haussa les épaules. Le juge eu une grimace de dégoût.
« Ceci est une nouvelle preuve contre vous. Cette étrange eau qui coule de vos yeux… si je me souviens bien ce sont des larmes… Curieux, je croyais ce phénomène disparu… En agissant ainsi vous aggravez votre cas. Enfin… Quoique vous pensez nous sommes juste, ajouta t’il en jetant un coup d’œil aux cameras, nous vous accordons le droit de vous défendre… qu’avez vous a nous dire ? »
La jeune femme le dévisagea, puis laissa son regard glisser sur chaque visage en face d’elle. Leurs expressions étaient identiques… dégoût, horreur. Elle lisait dans leurs yeux le rejet de ce qu’elle était, de ce qu’elle avait fait. Puis lentement, comme a regret, elle se tourna vers la camera à l’autre bout de la pièce, cherchant à voir au-delà de cet œil impersonnel et froid. C’est à cet interlocuteur invisible qu’elle s’adressa.
« Je sais que la mort est mon destin… Mourir de la main du bourreau ou mourir à cause de ce mal qui grandit en moi.. quelle importance.. Je sais que je n’en ai plus pour longtemps. Je suis régulièrement prise de vertiges, de vomissement.. et ceci.. » ajouta t’elle en montrant son ventre.
Elle fit une pause, puis repris.
«Vous vous dites justes, mais avant d’avoir pénétrer dans cette pièce votre opinion était déjà faite. Vous m’avez jugé coupable, non pas coupable d’un hypothétique crime, mais coupable d’être différente, de ne pas être ce que vous auriez voulu que je soit. Alors soit.. je vais mourir, mourir d’avoir aimer, mourir de l’avoir perdu, mourir d’avoir oser laisser mon cœur et mes sentiments vivre… »
Le juge la coupa.
«Il n’y a nul bourreau dans la citée. Nul ne vous donnera la mort. Cependant, par vos actes et vos paroles, vous vous etes condamnée vous-même. Vous avez franchit les limites du possible dans cette cité, toutefois.. nous allons vous offrir le choix, votre retour parmis nous, après une période probatoire, avec la possibilité, si l’Administration vous en juge digne, de devenir tuteurs avec votre époux d’un enfant, ou alors, puisque cela semblait être votre désir, vous pouvez passer le mur et aller a l’extérieur… »
Il leva la main, comme pour effacer le sourire qui venait de se dessiner sur le visage d’Helena.
« L’extérieur n’est pas tel que vous le croyez. En dehors des murs de la citée, il n’y a rien, rien que la mort dans des souffrances atroces.. voyez plutôt »
Il fit un signe à l’un des gardes. La lumière baissa et un écran envahit le mur du fond. Des images tout d’abord floues commencèrent à bouger. Une terre grise, désertique… Un ciel qui semblait s’enflammer et exploser.. Un visage de femme, tordu par la douleur apparu à l’écran, elle paraissait supplier, les yeux exorbités par l’horreur. Ses gestes frénétiques désignaient un point derrière elle, l’angle de la camera changea pour suivre cette direction… Des corps, dénudés… Des corps par dizaines, comme tombés au hasard, pour certains dans des positions grotesques comme si la mort les avait frappé sans qu’il la voit. Pas ou peu de blessures si ce n’est celles que semblaient s’être infligées eux même ces etres pour échapper à l’étreinte glaciale.
Un murmure monta dans la salle, la lumière se ralluma, l’écran disparu. Le juge braqua alors son regard sur Helena, attendant d’elle une réponse a ce choix qu’il lui avait proposé. La jeune femme paraissait perdue dans la contemplation du mur vide, elle se retourna lentement vers lui.
« Jamais je ne pourrais vivre tel que vous le voulez, pas avec ce que j’ai vécu… si je ne peux vivre avec lui, je choisis la porte et la mort… peut être que la bas…. »
Elle ne finit pas sa phrase. D’un air résigné, le juge hocha la tête. Il se leva et fit signe au garde de le suivre avec la jeune femme.
























